A la recherche du lubrifiant le plus rapide du monde, par VeloNews

Cet article est la traduction d’un article paru dans le magazine VeloNews de Février 2014, dont vous trouverez la version originale en cliquant ici.

Chasse à la vitesse

A la recherche des lubrifiants les plus rapides du monde

La première règle des lubrifiants de chaîne est simple : il n’y a pas de règles.

Vu les infinités de variables de météo, de conditions de route, de manières de rouler, de choix d’équipement et d’habitudes de maintenance mécanique dans le vaste monde du vélo, il n’y a simplement aucun moyen de clamer haut et fort à la terre entière que CE produit, ici même, est le meilleur lubrifiant de chaîne que n’importe quel rider pourra utiliser tous les jours, dans toutes les conditions et n’importe ou sur terre.

Cependant, déterminer le meilleur lubrifiant basé sur le seul critère du rendement -à nos yeux très important, est possible. En utilisant tout un tas de matos de pointe de laboratoire et un bon paquet d’huile de coude, il est possible de trouver le lubrifiant le plus rapide, celui que vous utilisez pour les meilleures journées, celui qui lubrifiera le mieux les centaines de contacts métalliques et de points de rotations sur une chaîne afin de vous voler le moins de puissance possible de votre pédalier. Après tout, le rendement c’est la vitesse.

Pouvions-nous trouver le lubrifiant le plus rapide du monde ? C’était notre défi.

 

A la chasse

Nous avons commencé par retourner au laboratoire indépendant « Friction Facts » tenu par Jason Smith; nous avons utilisé la même configuration que le test de l’an dernier, presque identique. En utilisant cette configuration, nous avions trouvé précisément combien de puissance pouvait consommer une chaîne montée sur une transmission avec différent lubrifiants, cette perte étant mesurée en watts.

Comme Smith avait calibré son équipement de test avec une huile de référence qui se trouvait dans le précédent set de tests, publié dans la revue Vélo de mars 2013, toutes les données de ces deux tests sont directement comparables.

Nous avons donc inclus les résultats-clé de ces tests originaux, avec en face les nouvelles données.

L’an dernier était un run d’essai : nous avons pris 30 lubrifiants populaires et les avons testés sans vraiment savoir ce qui allait bien marcher et ce qui n’allait pas fonctionner. Les datas de ces premiers tests nous ont permis de faire une sélection de 25 nouveaux lubrifiants pour cette année. Nous savions par exemple que les lubrifiants au teflon fonctionnaient bien, ainsi que ceux à base de cire, alors nous en avons sélectionné plusieurs. Nous avons également sélectionné quelques lubrifiant très prometteurs sur le papier à base de nanotechnologies.

Et bien sûr, nous avons sélectionné quelques lubrifiants populaires qui avaient été oubliés du premier test, comme le légendaire Syn lube de Pedro.

Rien ne fut laissé au hasard. Smith, qui avait acheté tous les lubrifiants en magasin pour éviter de récupérer des fabricants des prototypes à la formule modifiée, a tout testé, du lubrifiant traditionnel à la cire fondue, en passant par l’huile de voiture et l’huile d’olive -oui, celle qui devrait normalement être dans votre salade, pas sur votre chaîne.

Avons nous réussi ? Avons-nous trouvé le lubrifiant le plus rapide ?

Il est impossible de le certifier à 100%, mais vu les graphiques obtenus -les principaux ingrédients contenus dans les lubrifiants les plus rapides étant constants et prévisibles- nous nous sommes certainement approchés de la vérité. S’il existe quelque chose de plus rapide quelque part, c’est quelque chose qui n’est pas encore commercialisé, ou ce n’est pas du tout un lubrifiant pour vélo.

velonewsgraph

Les résultats :

Pour la seconde année consécutive, le lubrifiant le plus rapide n’est pas du tout un lubrifiant traditionnel. Molten Speed Wax est comme son nom l’indique une cire. Une cire qui doit être fondue avant d’être appliquée sur la chaîne.

Il est basé sur une formule développée par le labo Friction Facts, que Smith a publiée pour la rendre publique (nous devons préciser que Smith n’a aucun rapport avec Molten Speed Wax, la société utilise simplement une partie de sa formule publiquement disponible)

L’année dernière, la cire de paraffine solide, celle qu’on trouve dans n’importe quel magasin de bricolage, était le lubrifiant le plus rapide, et de loin. Molten Speed Wax y a ajouté du Teflon (ou PTFE) et du molybdène. Ces deux additifs sont connus pour rendre les lubrifiants liquides plus efficaces. Le résultat était prévisible : Molten Wax SPeed a amélioré de 0,14 Watts le rendement de la paraffine -pas de beaucoup, mais vu les faibles marges de résultats, assez pour considérer Molten Speed Wax supérieur.

Mais le véritable héros de ce test fut Squirt Lube. C’est le lubrifiant liquide le plus rapide que nous avons jamais testé, et il est même plus rapide que la paraffine générique. Seulement 0,1 watt en-dessous du Molten Speed Wax.

Squirt est un lubrifiant à base de cire; en fait, il est basé sur un produit appelé slack wax, qui est le précurseur de la paraffine. C’est en fait une version « brute » de la paraffine, non affinée, qui contient de l’huile dans son état naturel.

Squirt fut encore plus rapide utilisé sans respecter le temps de séchage recommandé, une expérience faite par simple curiosité. Comme cela allait à l’encontre des recommandations du fabricant, les résultats du test sont ceux après séchage. Mais c’est une donnée à garder en tête : pour faire de Squirt un lubrifiant encore plus rapide, appliquez-le juste avant une course courte.

Parce que Squirt est à base de cire, il reste exceptionnellement propre, protégeant toute la transmission de l’accumulation de crasse habituelle. Lors de nos tests, la longévité fut légèrement en-dessous de la moyenne -500-600 kilomètres dans de bonnes conditions. Mais c’est bien plus facile à appliquer que la paraffine, un détail qui fera pencher la balance en sa faveur pour pas mal de riders.

La différence entre le meilleur et le pire lubrifiant de ce test fut de 3,68 Watts. Les lubrifiants testés lors de cette session ont été, en moyenne, plus rapides que ceux de l’an dernier; pas vraiment surprenant vu que nous avions axé nos recherches sur les lubrifiants les plus rapides possible.

Rock’n roll Extreme s’en sort bien, et même mieux que le lubrifiant liquide le plus rapide de l’an dernier, le Rock’n Roll Gold. Lilly Lube, qui contient des additifs propriétaires destinés à diminuer la friction à haute pression, fut aussi plus rapide que le Rock’n Roll Gold.

Etonnamment, notre bonne vieille bouteille d’huile d’olive Del Papa de l’épicerie du coin fut le quatrième plus rapide. Nous ne pouvons pas parler de sa longévité sur une chaîne de vélo, mais on ne va pas trop lui en demander non plus.

Les lubrifiants se déclarant à base de nanotechnologies n’ont pas excellé. Cependant, nous avons découvert qu’ils duraient incroyablement longtemps et préservaient l’usure de la transmission. SpeedX, qui prétend utiliser des liaisons polaires fut plus lent de 1,53 watts que la Molten Speed Wax. Rand Momentum, qui déclare utiliser des huiles végétales rares et à base de nanoparticules a eu une moyenne de 1,15 watt plus lente que la Speed Wax.

Toutes les cires ne sont pas égales, bien entendu. Fast Wax Hot Melt Fluoro, conçue pour le ski de fond, a bien fonctionné, mais avec quand même un demi watt de moins que la Speed Wax. N’importe quoi à base de paraffine a l’air de particulièrement bien fonctionner sur une chaîne.

Comme nous avons vu, certains additifs se sont montré plutôt efficaces. Voyez les cires avec du PTFE ou du Molybdène, comme Gnar Lube Black Saffire et Molten Speed Wax, par exemple, ou de cire brute contenant de l’huile, comme Squirt. Les lubrifiants à base de cire mais avec un solvant se sont révélés peu performants.

 

Alors, on achète quoi ?

Nous avons longtemps été partisans de la méthode de paraffinage. Avec le matériel adéquat, ce n’est pas particulièrement onéreux, et ça vous laisse une transmission tellement merveilleusement propre que le temps passé à paraffiner la chaîne est gagné dix fois par rapport au temps perdu au nettoyage. La  longévité d’une chaîne traitée à la paraffine est au-delà de nos espérances – nous avons parcourus de centaines de kilomètres avec une seule application. La paraffine est aussi la solution la plus rapide, donnant une transmission au rendement exceptionnel, encore meilleur avec la Molten Speed Wax.

Squirt est vraiment une alternative phénoménale. Il est lui aussi très très propre, bien qu’un peu moins que la paraffine. Une fois que l’eau de l’émulsion s’est évaporée, ça ramasse vraiment très peu de poussière. Le vrai avantage par rapport à la paraffine, c’est que Squirt peut être appliqué comme n’importe quel lubrifiant liquide. Fini les bains-marie, terminé les risques d’inflammabilité des vapeurs de paraffine. Facile d’utilisation et incroyablement efficace : Squirt est vraiment au top. Ce n’est pas parfait en conditions très humides, mais en conditions sèches, seulement la SpeedWax sera plus rapide.

Quelques podiums supplémentaires à ajouter au compteur de Squirt !

On commence avec une manche de XCO…

On continue avec une endurance de 3 heures en solo…

On enchaîne un Championnat…

Ensuite un marathon de 65 km…

Et pour terminer, 105 km !!!

Les crevaisons, problèmes de transmission et arrêts pour re-lubrifier la chaîne, c’est pas pour nous ! ;o)

Ce WE de l’Ascension mérite bien une petite prière

Notre Squirt

Qui est si précieux,

Que ta chaine soit lubrifiée,

Que tes fesses demeurent motivées,

Que ta cassette reste propre

Dans la boue comme sur le sec.

Donne-nous aujourd’hui

Notre Seal de ce jour,

Pardonne-nous nos sorties engagées,

Comme nous pardonnons aussi

Aux ronces qui ont voulu nous niquer.

Et si nous nous soumettons à la tentation

Nous nettoierons tout au Bio Bike !

Amen.

Le point à mi-saison…

Après quelques mois de torture, on ne craint toujours pas la boue et le Squirt Lube est toujours aussi efficace même dans les pires conditions.

On l’a testé aussi sur un parcours appelé « La Mer de Sable » pour son sol sablonneux. Nous avons été heureux de constater que, contrairement à d’autres, le sable n’est pas resté collé sur la transmission ! De quoi éviter une usure prématurée des composants transmission.

Pour l’heure, aucune crevaison ou perte de pression grâce au nouveau Seal Bead Block. Impossible de le prendre en défaut… C’est en partie grâce à lui qu’on peut ajouter quelques podiums au compteur de Squirt. ;o)

Et enfin, certains photographes sont toujours aussi étonnés de voir nos transmissions si propres… au point qu’ils ne parviennent plus à faire une mise au point correcte ! ;o))))))

L’éternel débat de la boue…

Alors que certains affirment que le lubrifiant Squirt n’est pas efficace dans la boue, nous on roule au Squirt, on fait de VRAIS tests terrain, et on claque des résultats même quand on termine tout noir !  (Alors que d’autres abandonnent suite à des problèmes de transmission).

On a tenté de prendre en défaut le Squirt Lube…

On a profité d’une course d’endurance de 6 heures pour tenter de prendre le Squirt Lube en défaut. Verdict:

3 mecs ont roulé comme des sauvages, à tour de rôle, pendant 6 heures pour tester sur les efforts courts mais intenses… Squirt a gagné !

Sur la même course, on a mis un mec qui va rouler pendant 6 heures tout seul, pour tester sur les efforts longs… Squirt a gagné !

La faiblesse serait-elle sur les efforts moyens ? Alors on a essayé sur un effort de 3 heures… Encore gagné !

Sur un effort très très très long, 12 heures non stop… Toujours gagné !

Ultime test, le plus délicat… avec une gonzesse… et… gagné !   (on a utilisé le lubrifiant uniquement sur la chaine… ;o) )

 

 

Nouvelles victoires Squirt en Belgique.

Même si ce n’est pas sur une manche de Coupe du Monde, une victoire reste une victoire… Avec une transmission squirtée jusqu’à l’os et du Seal dans ses pneus, Jonathan Decoux remporte le scratch du Raid des Sources (100 Km) avec 18 minutes d’avance sur le second !

La veille, c’est sur une course relais que les Belges se sont illustrés, en remportant le scratch d’une endurance de 6 heures ! Aucune crevaison et des transmissions qui ont tourné comme des horloges suisses !

 

Un XCO qui démarre à minuit, pour terminer à midi !

Épreuve atypique en Belgique, une endurance de 12 heures à boucler en équipe ou en solitaire sur un circuit XCO, physique et technique.

Avant le départ, Guillaume Decoux a copieusement badigeonné sa chaîne au Squirt Lube, a mis du Seal dans ses pneus et s’est enduit les petites fesses de Barrier Balm. (c’est sur ce genre d’épreuve qu’on en mesure toute l’efficacité !)

Après 12 heures de course sans le moindre arrêt, sans la moindre crevaison et avec une transmission qui a tourné telle une horloge suisse, victoire en catégorie solo et 14e place au scratch !

Quant à ses coéquipiers, qui s’alignaient en équipe mixte, victoire pour eux également et une 5e place au scratch !

Dès qu’on reçoit l’autorisation, on publie une photo des fesses de Guillaume !  ;o)

Victoire en relais au XTERRA Belgium !

Romain Loustaunau remporte le XTERRA Belgium en relais, avec du Squirt sur sa chaine et du Seal dans ses pneus !

On notera également la belle 11e place/683 au scratch.

Vous pensez qu’il est occupé à admirer sa belle médaille ? Mais non, il contemple et remercie le magnifique logo Squirt sur son maillot !  ;o)

 

Le Squirt Lube est-il efficace sur tous les types de courses ?

Après de nombreux tests, si la transmission est bien squirtée avant le départ, l’efficacité reste maximale sur des épreuves longues, et même très longues !

Nous sommes allés jusqu’à 12 heures d’utilisation (MB Race) dans des conditions désastreuses. A aucun moment il n’a fallu s’arrêter pour effectuer une seconde application.

Ce WE de l’Ascension, nous avons fait le tour de la question:

  • Raf Peeters monte sur la 2e marche du podium aux Cimes de Waimes, un marathon de 70 km, comprenant des passages à gué et des portions boueuses.

  • Le lendemain, c’est Arnaud Decoux qui termine 2e d’une endurance en solitaire de 3 heures sur un parcours ultra sec et poussiéreux.

  • Le dimanche, Marc Gilboux termine 3e d’un XCO sous la pluie.
  • Et le même jour, Vincent Lazaron termine 3e du Raid Bocq, un marathon de 105 km, effectué entièrement sous la pluie !

CQFD.  ;o)